Le site de la canne jaune.

La malvoyance et la canne jaune.


Communiqué de presse diffusé à l'occasion de la première Convention Nationale des Aveugles et Déficients Visuels, Paris, 21 octobre 2000.

Ni aveugle, ni bien-voyant.

Un million et demi de Français sont atteints de troubles de la vision handicapants et non corrigeables, et ce nombre est en constante augmentation. Pourtant, la population des personnes "malvoyantes" est très peu connue du grand public, qui ne distingue le plus souvent que les "bien-voyants" et les "aveugles".

Le manque de reconnaissance sociale des malvoyants place ceux-ci devant une alternative insupportable. Soit ils acceptent d'être considérés comme aveugles - alors que bien souvent c'est l'issue qu'ils redoutent le plus, - adoptant par exemple la canne blanche, et passent pour des simulateurs chaque fois qu'ils utilisent manifestement la vision qui leur reste. Soit ils cachent leur déficience en essayant de se comporter "normalement," mettant parfois en danger leur vie ou celle des autres et suscitant l'incompréhension devant les "gaffes" inévitables. Faux-aveugle ou faux-voyant, le malvoyant n'est pas reconnu pour ce qu'il est : une personne douée de capacités visuelles utilisables, mais réduites.

La canne jaune.

L'introduction de la canne blanche à partir de 1930, et plus récemment celle du chien-guide, ont considérablement amélioré la reconnaissance sociale de la cécité. Soixante-dix ans plus tard, il est temps que les malvoyants se dotent à leur tour d'un emblème caractéristique permettant au public de les reconnaître dans leur spécificité. Un tel symbole existe déjà en Belgique, où il est légalement défini depuis 1991 : la canne jaune.

Cette canne présente l'intérêt d'être, comme la blanche, à la fois un outil d'aide au déplacement et un identifiant facilement repérable. Sa couleur est suffisamment proche du blanc pour qu'elle soit généralement reconnue, même par un public peu averti, comme un indice de déficience visuelle ; elle s'en distingue suffisamment pour indiquer que son porteur n'est pas aveugle.

Pour les personnes malvoyantes n'ayant pas besoin d'une aide au déplacement mais voulant s'identifier dans certaines circonstances, un logo normalisé rappelant la canne jaune pourrait être porté sous forme de badge facilement amovible.

La législation.

Selon la loi française, la canne blanche est réservée aux personnes ayant une acuité visuelle inférieure à 1/10 de la normale. Dans le cas de la canne jaune, il n'est pas possible de définir un critère quantitatif de ce type, tant les formes de malvoyance sont diverses. Pour tenir compte de tous les cas, il faut retenir un critère fonctionnel et non clinique : le port de la canne jaune devrait être autorisé à toute personne justifiant d'une gêne visuelle importante pour effectuer certaines actions de la vie courante. Ceci ne nécessite aucune modification législative concernant la canne blanche, il s'agit uniquement d'une nouvelle possibilité offerte aux personnes malvoyantes qui le désirent.

Des initiatives sont en cours pour faire adopter la "canne jaune des malvoyants" au Canada et en Australie. En France, quelques dizaines de personnes l'utilisent déjà quotidiennement, bien qu'elle n'ait pas de signification légale.

Un site lui est consacré sur Internet : http://www.cannejaune.org

Pour être largement adoptée par les malvoyants, la canne jaune n'attend que la loi qui lui confèrera une existence officielle, et la campagne d'information qui la fera connaître de tous.


Rédigé par Nicolas Graner, association Retina France, pour le Comité National pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CNPSAA).

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Dernière modification de cette page le 20/02/2007 par Nicolas Graner et Michel Puech pour CANNEJAUNE.ORG.